Depuis la mise en place de la loi ORE de 2018, les universités ne peuvent plus se contenter d’empiler les diplômés sans se soucier de leur avenir… Objectif annoncé : rapprocher la formation du monde du travail. Et pour y parvenir, les établissements misent sur des partenariats avec les entreprises, et créent des passerelles concrètes entre formation académique et monde professionnel.
« L’université ne doit pas être un simple fournisseur de diplômes. Il faut penser son adéquation avec le marché du travail », martèle Florent Pratlong, vice-président délégué à l’entrepreneuriat, aux partenariats et à la professionnalisation à la Sorbonne-Paris 1. Dans cette logique, l’université a mis en place une direction dédiée aux relations entreprises et à l’insertion professionnelle, englobant plusieurs services stratégiques : le BAIP (Bureau d’aide à l’insertion professionnelle), le SIO (Service d’information et d’orientation) et Sorbonne Data, une plateforme qui mesure le taux d’insertion des diplômés. Le point sur le sujet avec Denis Bouclon !
Le BAIP, une interface clé entre étudiants et employeurs
Au cœur du dispositif universitaire, le BAIP joue un rôle pivot. Véritable trait d’union entre étudiants et recruteurs, il organise forums de recrutement, ateliers de professionnalisation et conférences thématiques. A l’Université de Nanterre, par exemple, il mobilise des experts du secteur, RH et managers opérationnels, pour intervenir auprès des étudiants. L’objectif est de familiariser ces derniers aux attentes du monde professionnel avant même leur entrée sur le marché de l’emploi.
L’Université Paris 1 va encore plus loin en lançant des challenges étudiants sponsorisés par des entreprises. BNP Paribas soumet chaque année un sujet aux étudiants, notamment la digitalisation bancaire, ou encore l’économie circulaire, autant de thématiques d’actualité qui nécessitent réflexion et innovation. Les meilleurs projets se voient récompensés par des bourses de 2 000 euros et, bien souvent, une opportunité de stage ou d’embauche.
« Ces initiatives changent la donne. D’un côté, les étudiants développent des compétences concrètes en répondant à des problématiques réelles. De l’autre, les entreprises repèrent des talents prometteurs. C’est du gagnant-gagnant », souligne Florent Pratlong.
Se construire un réseau dès l’université
S’il y a bien une leçon à retenir, c’est que l’insertion professionnelle ne commence pas à la remise du diplôme. Créer son réseau est devenu un impératif dès les premières années de formation. Conscientes de cet enjeu, plusieurs universités franciliennes ont mutualisé leurs efforts pour lancer Réseau Pro, une plateforme mettant en relation étudiants et diplômés avec plus de 20 000 recruteurs. Parmi les établissements participants, on retrouve Paris 1-Panthéon Sorbonne, Nanterre, Assas, Paris Est-Créteil, Sorbonne-Paris Nord et Sorbonne-Nouvelle.
Dans le Nord, l’Université de Lille n’est pas en reste avec son propre réseau professionnel, Lilagora, qui recense près de 30 000 offres d’emploi et de stage. En parallèle, elle a noué des partenariats avec des acteurs majeurs du recrutement comme l’APEC (Association pour l’emploi des cadres), Nos Quartiers ont des Talents (NQT) et Réseau Alliances. Objectif : multiplier les opportunités professionnelles pour ses étudiants.
Anticiper les évolutions du marché de l’emploi
Parce que le monde du travail évolue à vitesse grand V, certaines universités ont pris le parti d’accompagner leurs étudiants au-delà des simples opportunités d’emploi. A Paris 1, un partenariat avec l’APEC permet aux étudiants d’accéder à des conférences sur les mutations du marché, les nouvelles compétences recherchées et les soft skills devenues essentielles. En complément, des programmes d’entrepreneuriat sont développés pour ceux qui souhaitent se lancer à leur compte. Enfin, les universités misent sur l’événementiel pour créer des rencontres directes entre étudiants et recruteurs. Forums emploi, job dating, séminaires spécialisés… tout est mis en œuvre pour faciliter la transition entre les bancs de la fac et le monde du travail.